Nous sommes tous liés les uns aux autres, mais également à tout notre environnement (animaux, objets, nature…) qu’on en ait conscience ou pas.
On peut être liés :
- Par l’espace, en étant simplement présent au même endroit au même moment avec d’autres personnes, soit
- Par le temps, en se trouvant dans un endroit où des personnes ont été ou seront.
Il s’agit simplement que nous existions pour que le lien soit là.
Il est.
Ce n’est pas un choix.
L’activation de ce lien relève de la rencontre : quand un regard change de direction et se pose sur un objet ou un sujet qui était pourtant là avant mais qui n’avait pas encore été vu.
L’activation du lien, la relation, prend naissance dans un changement de mouvement, par un geste qui a été fait différemment.
Cela relève d’un choix, conscient ou non.
C’est sortir d’une paix, d’un confort, pour entrer dans un nouveau processus, différent.
C’est avoir changé de trajet pour aller au travail, lire un livre qu’on repoussait jusque-là, répondre à un appel…
C’est se mettre en action.
Agir en cohérence avec soi, à ce moment-là, dans cet espace-là, parce qu’on s’est senti poussé à le faire.
Pour soi, et non pour les autres.
S’aimer, soi, dans cet espace-temps.
Parce que oui, changer, évoluer, faire différemment, est un acte d’amour personnel: celui qui permet d’évoluer, de grandir.
Grandir, ça peut faire du bien, mais ça peut aussi faire du mal.
On peut être heureux de pouvoir faire les manèges de grand tout en regrettant de ne plus pouvoir avoir le droit de faire les petites attractions.
Mais c’est être en cohérence avec son âge, son être du moment.
C’est être vraiment soi.
Être vrai.
C’est avoir activé en 1er lieu notre propre lien à nous-même.
Quand à un moment, on s’est rencontré, soi.
Quand on s’est mis en relation, en mouvement vers soi.
Cela fonctionne de la même manière dans nos interactions avec l’autre pendant longtemps de manière inconsciente.
Puis un jour on réalise ce qui se joue réellement derrière.
Dans le cas d’une relation consciente, quand le lien a été activé par la rencontre, aimer l’autre, c’est savoir qu’il peut soit souffrir soit guérir par notre présence.
Mais savoir aussi que cela relève de sa propre évolution, son amour-propre à lui.
Parce qu’on l’a vécu pour nous-même en amont.
Aimer l’autre, c’est nous aimer suffisamment nous-même pour savoir se retirer du lien.
C’est faire un mouvement de retrait, un changement.
C’est agir, une fois encore.
C’est un choix.
C’est alors le contraire de la rencontre : la séparation.
La désactivation du lien.
Aimer, c’est choisir parfois sa propre absence de la relation, parce qu’on sait qu’elle favorise la croissance et la guérison de l’autre.
Ce n’est pas se sacrifier, puisque c’est entrer à nouveau dans notre propre espace-temps, notre propre lien, qui nous permet d’évoluer de notre côté, avec toutes les nouvelles données accumulées.
C’est entrer en cohérence avec nous-même.
C’est entrer dans notre propre vérité.
C’est savoir que le lien existe même si la relation ne l’est pas encore ou ne l’est plus.
L’amour, le lien est invisible.
Il est immuable, intemporel.
On ne le voit que quand nos mouvements laissent à croire qu’il se retire ou qu’il apparaît.
Aimer, c’est être simplement vrai dans nos mouvements.