« ça te dit tu viens avec nous à Epinouze le 9 août ? Y’a un truc organisé par la commune, une scène partagée, c’est mon pote An gie qui sonorise, on va retrouver plein de copains musicos, y’a une super ambiance ! »
Je suis dispo ce jour-là, et clairement, les mots prononcés par mon compère Vic « organisé par la commune », « scène partagée », « copains musicos » et « super ambiance » ont su attiser la curiosité de l’alchimiste sociale.
En amont de l’évènement, un groupe messenger pour les musiciens, dans lequel sont proposés des titres à potentiellement partager.
Coutumière des Jams, ces moments de scènes ouvertes gloubi boulga de styles et de niveaux musicaux, je sais combien il peut y avoir des moments de flottements quand on cherche un morceaux que tout le monde connait…
Donc l’idée de pouvoir en bosser quelques uns en amont me séduit et surtout permettrait de changer la playlist habituelle de ce genre de moment (ahhhh, « Zombie », qui en a rendu plus d’un allergique…).
Il fait 2000 degrés quand on arrive dans le parc municipal, mais la bonne ambiance est déjà en place, comme la scène, prêtée par l’intercommunalité.
C’est l’association Cartel qui gère la buvette, j’apprendrai plus tard que le maire d’Epinouze est derrière le bar.
De la coopération, de l’entraide, du partage, alors que la soirée n’a pas commencé.
Cet évènement s’annonce sous les meilleurs auspices !
Premières balances vers 17H, les musiciens arrivent peu à peu.
Puis le public, en grande majorité des habitants de la commune.
Des personnes de tous âges, de toutes générations, heureuses de se retrouver en ce milieu d’été caniculaire.
Un tableau permet d’inscrire les chansons envisagées pour la soirée, libre à chacun de s’y ajouter et de proposer sa participation.
Les festivités débutent vraiment vers 18H.
Elles dureront jusqu’à plus de minuit…
Il y a eu du rock, de la contrebasse, de l’accordéon, du Diam’s, du Iseult, du Johnny, du NoFX, du Radiohead, du Bashung, du Lio, du Sum 41 et j’en passe…
Il y avait des musiciens de 8 à ??? ans.
Ce soir-là, il n’y avait plus de frontières liées à l’âge ou au niveau musical, tout le monde encourageait tout le monde, les sourires étaient sur tous les visages.
Les fausses notes étaient des moments de cohésion, les belles harmonies des instants de grâce.
Mon regard de professionnelle a surkiffé le moment. J’ai parlé avec énormément de personnes, pris des billes, emmagasiné des idées.
Et ressenti l’envie de proposer ça à Crémieu. Cela tombe bien, la commune regorge de musiciens mais également d’associations à même de pouvoir se coordonner. Et mon petit doigt me dit que notre maire serait ravie de gérer la buvette également…
Et du point de vue personnel, cette soirée été juste parfaite.
J’ai chanté avec mes 2 compères, renoué avec un milieu que j’avais délaissé, constaté des liens, en ai créé de nouveaux, partagé la scène avec un contrebassiste, ai fait les chœurs sur « la boulette » avec Ambre, dansé sur du Niagara, admiré les talents des uns et des autres, encouragé ceux qui n’osaient pas encore…
Si depuis quelques mois la musique avait commencé à repoindre en moi doucement, cette soirée m’a fait clairement réaliser le rôle qu’elle joue en liant les individus.
« Love is the answer, music is the medium » comme dirait mon Dieu Lenny Kravitz.
Ben oui, clairement.









