Trouver le sens…

« Maman, ça me saoule, quand je lis le livre de Léna Situations, j’ai l’impression que c’est toi qui parles ! »
Anaëlle, 17 ans, hier soir.

Léna Situations, pour celleux qui vivent en dehors de tout réseau social, c’est une jeune influenceuse, dont l’influence semble déranger ma fille depuis qu’elle a posé son cheminement dans son livre.

Je précise d’entrée de jeu, je ne connais pas Léna, je n’ai pas lu son livre et j’en sais uniquement ce que j’ai pu voir apparaître sur les réseaux sociaux ici et là. J’en ai toutefois une image plutôt positive, celle d’une jeune femme affirmée, authentique, sincère, qui ose porter sa vérité.
Je me suis donc plutôt sentie flattée d’être assimilée à elle et de ce qu’elle peut renvoyer à ma fille, la jeunesse, les bouclettes et le compte bancaire fourni en moins.

Ce matin, je trouvais le fameux objet du délit, j’ai nommé l’ouvrage de Léna, en évidence dans la cuisine. Ma fille semble me faire passer un message…

Message qui m’a percuté lors de mon entretien de ce jour, qui s’est vite transformé en rencontre-miroir, avec un jeune entrepreneur de 22 ans, plein de bonnes idées mais ayant le désavantage à mes yeux d’être passé par une école de commerce.

Ce jeune homme est arrivé à moi par le bouche à oreille. Il lance une application destinée à reconnecter les consommateurs avec leur alimentation.
Via réseaux sociaux, influenceurs et intelligence artificielle.
Ce n’est pas la première fois qu’on me contacte lors du lancement d’une start-up dans un de mes domaines d’action, aussi je reste toujours prudente sur l’origine de la démarche.
Je me souviens notamment de cet étudiant de Sciences Po Lyon qui m’avait contactée pour lancer un service à domicile pour les personnes âgées, qui avait répondu à ma question « pourquoi lancer ce business ? » par le fait de savoir qu’il y avait une manne financière. Cet entretien s’était alors terminé plutôt rapidement.

Donc quand K. me pitche son application, je le laisse dérouler.
Il est d’abord en mode représentant de commerce.
Il est plutôt doué, il maîtrise son sujet.
Je note déjà plusieurs pistes d’améliorations, des écueils, mais je l’écoute.
Puis je lui pose LA question.
« Pourquoi lancer ce business ? » (oui, je suis pas hyper originale).
Et là, il s’ouvre.
Il me parle de son expérience, de son ressenti, de sa vision.
Bingo.
Je sais pourquoi il est arrivé à moi.

Et il utilise alors ZE mot.
Le « sens ».
« Je vois bien que les jeunes ont perdu le sens de leur alimentation ».
Il me parle de son vécu, de ce qu’il en a observé, et de comment il peut contribuer à son échelle à remettre du sens autant dans sa vie que dans celle des autres.

Le sens, c’est la direction, le GPS, la route à suivre.
Sans direction, on tourne en rond.

Le lien avec cette chère Léna ?
La dématérialisation du sens.
Via les réseaux sociaux, l’influence.

Il me prendrait de nombreuses heures pour partager mon analyse sociologique des réseaux sociaux, ses bénéfices comme ses travers, mais ce n’est pas le sujet de ce texte.

Léna et K. ont ce joli point commun de chercher à remettre du sens dans un monde qui paraît ne plus en avoir.
Et ce que j’y vois dans ces deux-là, c’est l’authenticité qu’ils montrent pour y parvenir.
Être vrai dans un milieu où tout peut sembler faux, fabriqué, à base de paraître.

Remettre de l’humanité, de la rencontre, dans un milieu où la relation est souvent à sens unique, pour glaner likes et reposts.

Et c’est là que le réel sens apparaît : quand la connexion se crée.
Elle ne peut se créer que lorsque chacun est authentique et sincère.
Non pas parfait, mais honnête, humble.
Quand on ne cherche ou n’attend rien.

K. a débuté son entretien un peu morose, il en est sorti plein d’enthousiasme et d’actions à mettre en œuvre. Ses propres idées, pas les miennes. Mais que je lui avais simplement fait voir d’une autre manière.

Alors oui, il y a de l’intelligence artificielle dans son projet, et mon avis sur le sujet est assez tranché. Pour autant, j’ai vu dans les propos de K. qu’il en était conscient, a saisi que si l’IA est bien un moyen aujourd’hui, elle n’est en aucun cas un but, et que l’idée est d’arriver à s’en passer au fil du développement de son projet.
Car l’IA n’est pas le sens.

Derrière les profils tik-tok, insta et autre Facebook pour les plus anciens, il reste des humains.
Qui cherchent leur direction.

Alors merci à ma fille d’avoir posé son livre dans la cuisine, non seulement elle a contribué à mettre du sens à cet article, mais elle montre que mon discours de maman/conférencière/formatrice/etc… n’est pas si claqué au sol que ça (et m’en vais m’inspirer de Léna pour  la couverture de mon prochain livre, tiens)

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