Vivre ou conduire, il faut choisir

Automne 2018 : flambée des prix à la pompe. Eclosion de gilets jaunes sur les ronds points.

Automne 2026 : flambée des prix à la pompes. Nulle trace de jaune sur les giratoires.

Pourtant, au café ou sur les réseaux sociaux, le sujet n’est pas ignoré.
La parole libérée s’exprime, chaque personne impactée est légitime pour exposer son avis sur la question.

Lassitude des conflits internationaux et habituation aux caprices narcissiques gouvernementaux ?
Fatigue post été caniculo-incendiaire ?
Lâcher prise généralisé allant jusqu’à la pensée « foutu pour foutu » ?

Peu importe la raison, qui peut être différente pour chacun, la conséquence est que pour beaucoup, nous sommes désormais devant des choix : à quoi destinons-nous l’essence que nous mettons dans notre véhicule ?
L’argent que nous choisissons de mettre dans nos déplacements est-il bien employé ?
Sommes-nous alignés entre nos valeurs et le coût de leur (ir)respect ?

L’inconscient, l’automatique, devient aujourd’hui conscient et matière à réflexion.
Les capitalistes et leurs égos dominateurs ont atteint le point critique de l’heure du choix pour les dominés.
Le réveil aurait-il commencé à sonner ?

Jung le dirait mieux que moi : l’éveil d’une conscience n’est pas bruyant, mais bien silencieux. Les actes intégratifs des changements de pensées ne viennent que dans un second temps.

A l’instar du silence indifférent qui désactive une personnalité narcissique, l’absence de réaction populaire collective face au déséquilibre financier forcé par l’augmentation des coûts va impacter peu à peu ses dirigeants.
Profondément.
Ce n’est pas parce que les personnes ne se regroupent pas qu’elles n’agissent pas individuellement.
De fait, nous y sommes poussés.

Mettre de l’essence pour aller travailler ou manger au resto ?
Mettre de l’essence pour aller travailler ou visiter sa grand-mère en EHPAD ?
Mettre de l’essence pour aller travailler ou aller voir Céline Dion ?
Mettre de l’essence pour aller travailler ou payer la pension alimentaire de ses enfants ?
Mettre de l’essence pour aller travailler ou payer son loyer ?
Mettre de l’essence pour aller travailler ou se nourrir ?

Conduire ou vivre ?

Impacts économiques en cours évidemment, par la redistribution des dépenses selon nos besoins et envies.
Mais les impacts les plus profonds viendront des choix sociétaux, via les remises en cause des habitudes, des croyances et des principes non observés jusque-là.

Aller au sacro-saint déjeuner du dimanche alors que je sais d’avance que tonton Patrick va me déballer son discours raciste habituel quand Maman va encore me rappeler combien j’ai grossi quand pour la même somme mise dans mon réservoir pourrait m’offrir un livre dont je rêve, un massage, une séance chez le psy,  ou même simplement une tranquillité d’esprit pour les jours à venir ?

Le prix de l’essence peut nous offrir une échappatoire, déguisée en excuse salvatrice.
Un moment de silence introspectif.

La question est : saurons-nous profiter de ce répit forcé dans nos tumultes quotidiens pour nous réfléchir dans le miroir que nous renvoie le chaos actuel ?

Est-ce que nous continuons à conduire sans but ou commençons-nous enfin à vivre avec du sens ?


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